Intégration fracturée en Asie orientale : les prolongements de la politique intérieure chinoise et le facteur aggravant de la légitimite politique
Abstract
D’aucuns s’entendent sur le fait que la coopération interétatique en Asie orientale a fortement gagné en intensité durant le dernier
quart de siècle. Tous ne partagent pas pour autant le même avis quant aux conséquences de
cette prolifération des échanges sur les processus d’intégration régionale. On remarque souvent d’emblée que l’Asie n’étant pas l’Europe,
la coopération y rencontre ses ultimes limites
dans le caractère suprême, voire même inviolable, que prend le principe de la souveraineté
étatique en contrées asiatiques. Mais les dynamiques d’intégration continentale n’étant ni réservées à l’Occident, ni interdites à l’Orient;
l’existence d’une voie est-asiatique vers l’intégration fait désormais presque consensus, pendant que l’on fait pourtant toujours défaut de
s’entendre sur la nature même de sa trajectoire
effective. Tortueuse et gorgée de ses contradictions aux dires d’analystes plus pessimistes
(Green et Gill 2009), cette voie serait féconde et
linéaire de l’avis de ses plus enthousiastes observateurs (Cheong 2011). Alors que les premiers se plaisent souvent à dire que cette
marche vers l’intégration se perd dans les rebours de la désintégration,

