Hollywood aux caractéristiques chinoises ? Entretien avec Raymond Delambre, spécialiste de cinéma chinois, auteur de « Le cinéma sur les cimaises »
Abstract
La réception du cinéma,
ou plutôt des cinémas chinois – je tiens effectivement au pluriel, puisqu’il existe une pluralité
cinématographique en République populaire de
Chine, à défaut de pluralisme – s’avère sinon
difficile, en tout cas perfectible. D’ailleurs, on
peut distinguer entre la France et le reste du
monde. Si Paris demeure assurément la capitale
mondiale du cinéma, grâce en particulier à la
densité exceptionnelle de salles intra muros,
trop peu de films chinois parviennent sur les
écrans français : Hollywood et la production
pléthorique française tendent à former un oligopole pour la distribution. Quand bien même
les films bénéficient d’une diffusion, celle-ci
peut sembler trop confidentielle, en raison
d’écrans peu nombreux. Ainsi, Visage, l’œuvre
anticonformiste de Tsai Ming Liang, pourtant
coproduite par le Louvre, grâce en particulier à
Catherine Derosier, et Jia Bian Gou, Le Fossé, le
premier film sur les camps de la mort communistes, n’occupèrent que peu de salles, peu de
temps. Heureusement,

