LES ENJEUX DE LA MÉDECINE PERSONNALISÉE POUR LA PERSONNE, AVEC LA PERSONNE

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https://doi.org/10.54695/dss.58.06.2881

Résumé

Le paradoxe absolu réside dans la relation croissante des apports techniques à la médecine qui
est simultanément à l’origine d’une appropriation et d’une libération.
Appropriation par la capture des informations d’un
corps, incarné dans des images et des chiffres qui ne
laissent plus place à la personne en dehors du point
statistique que le corps occupe sur le curseur, l’objectivité apparente se substituant à toute subjectivité.
Libération car ces mêmes données statistiques fractionnent en autant d’unités les personnes qui ne sont
plus contraintes de s’adapter à une norme diagnostique ou thérapeutique universelle. En un mot, le pire
et le meilleur. D’autant plus que la médecine a changé
en prenant dans ses rets le malade, le plus souvent
chronique, qui devient son obligé à vie, voire avant sa
naissance par la prédiction fournie par sa cartographie
génétique ou le dépistage précoce de facteurs de
risques personnels. La médecine est ainsi sommée de
maintenir la santé et de ne pas se limiter à guérir la
maladie. Le continuum entre maladie et santé n’a
jamais été aussi poreux. Chacun est donc concerné et
homo « patiens » succède à homo sapiens. La maladie
ayant perdu sa singularité de finalité de la médecine
perd de son importance au profit d’une conception
beaucoup plus large de la santé qui allie facteurs de
risques génétiques, environnement spécifique, habitudes de vie personnelle et sociale, bien être, etc.

Publiée

2015-12-14

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