PROPOS INTRODUCTIF

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https://doi.org/10.54695/dss.58.06.2873

Résumé

Àl’heure actuelle, la ligne rouge entre la sciencefiction et la réalité s’amenuise. Nous devons
cette situation aux avancées scientifiques et
technologiques des dernières décennies qui nous font
miroiter un avenir rempli de promesses pour la santé.
La médecine dite personnalisée ou encore stratifiée ou
de précision fait partie de ces promesses en laissant
entrevoir pour la personne un raffinement des soins
qui lui seront prodigués grâce à une connaissance de
ses données génétiques qui permettront de lui prodiguer le bon traitement au bon moment et plus encore
d’identifier ses prédispositions et susceptibilités génétiques. Le médecin qui devra être en mesure, pour ce
faire, d’utiliser une foule de données complexes et de
prédire le futur sanitaire de ses patients, sera-t-il bientôt un ingénieur en santé ? Serons-nous porteurs de
nos génomes sur nos téléphones portables remplis de
données qui permettront de diagnostiquer nos prédispositions génétiques ? Qu’en sera-t-il de nos systèmes
de santé, de leur financement, de la santé publique, de
la solidarité et du bien commun ? La vie privée sera-telle complètement anéantie par les méga-banques de
données qui se constituent et qui sont partagées par
plusieurs pays ?
En quoi la médecine personnalisée marque-t-elle une
évolution de la politique de santé publique ? Nous
savons que les définitions de la santé publique sont
multiples et parfois controversée. Celle qui est proposée par l’Association des facultés de médecine du
Canada est la suivante : « le volet du système de santé
qui veille à la protection de la santé, à la surveillance
de la santé, à la prévention des maladies et des blessures, à l’évaluation de la santé de la population, à la
promotion de la santé, et à la préparation et à l’intervention en cas d’urgence sanitaire. Par ailleurs, on la
définit comme la science et l’art de prévenir les maladies et de promouvoir la santé au moyen d’une action
sociétale organisée (2). » Donc, on peut constater que
la majeure partie de cette définition concerne le diagnostic, la prévention et le traitement. Il devrait donc
y avoir une relation étroite entre la santé publique et
ce qu’il est convenu d’appeler la médecine personnalisée dont la définition est aussi controversée.
Dans cette table ronde seront abordés plusieurs des
questions que j’ai évoquées au sujet de la médecine
personnalisée, à savoir, entre autres, l’organisation de
sa gestion et l’accès équitable aux soins. Nous pouvons
aussi nous demander si la médecine personnalisée
constitue un changement de paradigme dans la prise
en charge médicale du patient et enfin nous interroger sur son impact sur le colloque singulier médecinchercheur/patient.

Publiée

2015-12-14

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