LA LOI N°2017-58 : LES PRINCIPALES AVANCÉES EN MATIÈRE DE LUTTE CONTRE LA VIOLENCE BASÉE SUR LE GENRE EN TUNISIE
##plugins.pubIds.doi.readerDisplayName##:
https://doi.org/10.54695/dss.62.04.2849Mots-clés:
Violence, Agression, Femme, Discrimination selon le genre, Législation, Médecine légale.Résumé
Problématique : La violence à l’égard des femmes est
une pratique très répandue dans toutes les sociétés quel
que soit le degré de civilisation et le niveau culturel. Ses
conséquences néfastes sur la santé mentale et physique
de la femme appellent à la nécessité d’instaurer des
mesures de lutte efficaces contre cette forme de
violence.
Objectifs : Evaluer l’ampleur du phénomène de violence
à l’égard des femmes dans la région de Sfax (Tunisie)
et discuter l’évolution juridique en Tunisie en matière
de lutte de cette forme de violence.
Matériels et méthodes : Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive menée au service de Médecine Légale
de CHU Habib Bourguiba Sfax-Tunisie entre mars
2018 et août 2018. Elle a porté sur tous les cas de
femmes victimes de violences volontaires consultant
sur réquisition judiciaire à la consultation de coups et
blessures du service.
Résultats : La violence à l’égard des femmes survient
à tous les âges. Elle touche tous les milieux sociaux avec
une nette prédominance des femmes d’âge jeune sans
profession. Les victimes sont surtout d’origine urbaine.
Le type de violence le plus observé est physique (94.75%
des cas) suivi de la violence sexuelle (5.24% des cas).
En matière de violences physiques, l’agresseur est le
conjoint dans 46.2% des cas. L’examen de la victime
objective le plus souvent de multiples lésions traumatiques superficielles. Les lésions graves à type de plaies
pénétrantes et fractures sont beaucoup moins fréquentes.
La durée médiane du déficit fonctionnel total est de 6
jours.
L’étude de la nouvelle loi relative à l’élimination de la
violence contre la femme a montré la multiplicité des
mesures juridiques, sociales et judiciaires entreprises
pour protéger la femme contre les différentes formes
d’atteinte à son intégrité. Toutefois, un changement
des mentalités et une mise en place des institutions et
procédures instaurées sont des préalables indispensables
à l’atteinte des objectifs visés par cette loi.
Conclusion : La lutte contre la violence à l’encontre
des femmes nécessite le travail en collaboration entre
les différents intervenants à la fois sociaux, juridiques
et médicaux.