Troubles affectifs majeurs et violence : épidémiologie, clinique et considérations médico-légales
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https://doi.org/10.54695/dss.54.03.2650Mots-clés:
Troubles affectifs, troubles de l’humeur, trouble bipolaire, manie, dépression, violence, crime, homicidesuicide, filicide.Résumé
La relation entre troubles affectifs majeurs et violence a fait l’objet de peu de recherches empiriques contemporaines.
Cette revue de la littérature envisage les grandes formes cliniques des troubles de l’humeur, unipolaires (UP) et
bipolaires (BP) dans leur relation avec les comportements de violence envers les personnes. Récemment, une
Audition Publique de la Haute Autorité de Santé ainsi que plusieurs publications internationales ont apporté un
éclairage nouveau sur cet aspect de la maladie en soulignant l’importance de la comorbidité avec l’abus de substances,
des antécédents de violence et d’autres facteurs individuels ou liés au contexte. Une méta-analyse récente montre
que 9,8% des sujets ayant un trouble bipolaire ont eu des comportements de violence, pour seulement 3% des sujets
contrôles de la population générale, l’odds ratio pour le risque de violence étant de 4,1 (IC 95% : [2,90-5,83]),
avec une grande hétérogénéité cependant selon les études.
Dans l’épisode maniaque du trouble bipolaire, les actes de violence sont relativement fréquents et souvent associés
à une prise de substance. La manie est rarement associée à la criminalité grave mais conduit à des infractions
mineures variées, la comorbidité étant importante avec l’abus d’alcool et de substances, et parfois la personnalité
dyssociale.
Plusieurs auteurs évoquent une sous-estimation du potentiel criminogène de la dépression et des idées suicidaires.
Dans les homicides suivis de suicide, une pathologie dépressive au moment des faits est l’affection la plus commune,
allant de 36 à 75% des cas selon les études. Ces crimes rares sont essentiellement des libéricides commis par des
parents déprimés et/ou des uxoricides