TRACER, REPÉRER ET ACCOMPAGNER AU MOYEN D’UN QUESTIONNAIRE UTILISÉ DANS LES HÔPITAUX DE L’EST FRANCILIEN LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES (TRAQUE-VFF) : MÉTHODOLOGIE ET PREMIERS RÉSULTATS

Auteurs

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https://doi.org/10.54695/dss.61.01.2593

Mots-clés:

Violences faites aux femmes, Grossesse, Service de gynécologie-obstétrique, Unité médico-judiciaire, TRAQUE-VFF, Prévention, Protection judiciaire et sociale.

Résumé

Les violences au sein du couple sont un problème
majeur avec des implications sociales, économiques et
des conséquences sur la morbidité et la mortalité.
Elles constituent un danger pour la santé maternelle
et périnatale multipliant par 1,9 le risque de fausse
couche. Le repérage des violences faites aux femmes
doit être un outil diagnostique donné aux soignants hospitaliers, en particulier dans les services comme le
service de gynécologie-obstétrique, avant de leur permettre une action pénale, judiciaire ou sociale et d’envisager la protection des femmes et des enfants.
Raccourcir le délai entre le premier fait de violences
commis et la première plainte est un moyen de prévention et de protection efficace largement développé
par la Convention signée par le Conseil de l’Europe.
Le protocole TRAQUE-VFF du Grand Hôpital de
l’Est Francilien (Seine-et-Marne, France) se décline en
trois points :
a) former les professionnels soignants (médicaux et
non-médicaux) pour le repérage, la prise en charge,
l’information et l’orientation des femmes victimes de
violences ;
b) faciliter le repérage des victimes de violences faites
aux femmes par l’utilisation d’un questionnaire comportant cinq questions portant sur les violences psychologiques, le contrôle par le partenaire, la peur
générée par lui, les menaces et violences physiques, les
abus sexuels ;
c) apporter aux femmes victimes de violences faites
aux femmes une réponse sanitaire, sociale et juridique
dans le cadre d’une prise en charge coordonnée avec
l’unité médico-judiciaire, le service social, et les associations d’aide aux victimes.
Les 303 premiers questionnaires recueillis l’ont été
facilement avec une réponse presque toujours dès la
première fois (97,7%). Parmi les 296 questionnaires
remplis, 34 femmes ont donné au moins une réponse
positive soit 11,5%. Parmi les femmes interrogées,
7,26% avaient subi violences psychologiques, 3,96%
le contrôle par le partenaire, 5,94% la peur générée
par lui, 3,96% les menaces et violences physiques et
1,65% des abus sexuels. Pour presque la moitié des
femmes ayant été victimes de violences, celles-ci
étaient multiples. Suite à ce repérage et au suivi, 9
femmes sur 30 (30%) ont débuté des actions, souvent
multiples (psychologue et juriste, plainte et consultation par un médecin légiste, consultation du service
social et recours à un juge pour une action civile. 

Publiée

2018-03-01

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