SUICIDE PAR ÉLECTROCUTION EN TUNISIE : CARACTÉRISTIQUES MÉDICO-LÉGALES ET RÔLE DE LA COUVERTURE MÉDIATIQUE
##plugins.pubIds.doi.readerDisplayName##:
https://doi.org/10.54695/dss.60.02.2508Mots-clés:
Suicide, Electrocution, Couverture médiatique, Haut voltage.Résumé
L’électrocution à haut voltage est un mode de suicide relativement rare, ce qui est surprenant compte tenu de la
disponibilité de ce moyen.
Objectifs : Identifier les facteurs de risque du suicide à
haut voltage, en insistant sur le rôle des média dans
l’augmentation de la prévalence de ce mode de suicide.
Méthodes : Il s’agit d’une étude rétrospective sur une
période de huit ans : de janvier 2007 à décembre 2015
à l’unité médico-légale de l’Hôpital Habib Bourguiba
Sfax, colligeant tous les cas de suicide par électrocution à
haut voltage.
Résultats : Au total, sept cas ont été colligés, ce qui
représente 0,7% de tous les cas de suicide survenus pendant la période d’étude. La répartition était inégale en
fonction de l’année, avec un pic de 3 cas en 2007 faisant
suite à une médiatisation excessive du premier cas survenu cette année là. Toutes les victimes étaient des jeunes
hommes célibataires, avec un âge moyen de 22, 28 ans.
Plus de la moitié d’entre eux étaient au chômage, vivant
dans les zones rurales. Dans deux cas, des antécédents de
troubles mentaux ont été retrouvés. Cependant, aucun
cas de tentative de suicide n’a été mentionné.Un cas de
suicide complexe a été également rapporté. L’autopsie a
mis en évidence dans tous les cas l’association entre des
brûlures électriques étendues et des lésions traumatiques
importantes par projection, contribuant ensemble à la
mort.
Conclusion : Le suicide par électrocution à haut voltage
survient chez des sujets jeunes majoritairement de sexe
masculin. L’augmentation du recours à ce mode suicidaire est due dans notre série à une médiatisation anarchique des cas. Une stratégie préventive appropriée pour
minimiser cette influence négative de la couverture
médiatique doit être instaurée.