Les malades mentaux irresponsables : des malades comme les autres ? Profil de 21 malades mentaux criminels irresponsables
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https://doi.org/10.54695/dss.51.06.2504Mots-clés:
Dangerosité psychiatrique, Irresponsabilité pénale, Article 122-1 alinéa 1.Résumé
Les liens entre maladie mentale et violence ou criminalité sont bien étudiés. Toutefois, peu de travaux portent
uniquement sur les populations des patients criminels ayant été irresponsabilisés après la prononciation de l’article 122-1 alinéa 1 du Code Pénal.
L’objectif de cette étude sur 21 patients admis en hospitalisation d’office judiciaire à l’hôpital psychiatrique de
la Colombière entre 2003 et 2006 est de décrire leur profil épidémiologique, leur parcours et leur passage à l’acte
puis de comparer les résultats à ceux trouvés dans la littérature internationale.
La population est composée de 19 hommes et de 2 femmes d’âge moyen de 36 ans et 2 mois, célibataires pour
61,90 %, avec un soutien relationnel pauvre pour 2/3 d’entre eux et un niveau scolaire secondaire pour 2/3 d’entre
eux. Ils sont en majorité sans emploi ; plus de la moitié (57,14 %) ont une mesure de protection des biens et perçoivent l’AAH 76,2 % sont des schizophrènes suivis en psychiatrique mais en rupture thérapeutique au moment
des faits. Au sujet de leurs antécédents, 61,9 % sont déjà auteurs de coups et blessures et 10 % d’homicides. Durant
l’enfance, 33,3 % ont connu des carences, 42,86 % ont connu des ruptures précoces et 24 % ont subi des violences.
La victime est connue de l’auteur dans 76,19 % des cas et le sujet a déjà été violent à l’égard de cette personne par
le passé dans 42,86 % des cas. Il s’agit essentiellement de violences physiques (95,24 %) commises avec des armes
d’opportunité (55 % des cas)