Mère, enfant, placenta: un espace trin
Résumé
Le mystère de la vie, de la naissance, des origines
a de tout temps fasciné les hommes et suscité
questionnements, curiosité et fantasmes. La figure
de la sage-femme auprès des femmes en couches
est attestée depuis l’Antiquité. Pour qui s’intéresse
à la naissance d’un point de vue historique ou
anthropologique, il est admis que la sage-femme est le
support de représentations puissantes et paradoxales.
Tout se passe comme si celles que l’on se fait de la
sage-femme correspondaient à la superposition de
deux images. D’une part celle de la sage-femme est
en effet celle qui transmet son savoir à la femme qui
accouche. La seconde représentation est celle de la
femme qui est ignorante, la matrone, ou celle qui met
son savoir au service de l’avortement et de l’infanticide,
figurant ainsi la mauvaise mère ou la sorcière. Les
travaux de Monique Bydlovsky ont pu témoigner de
cette bipolarité. en grec « maïa » signifie tout à la
fois sage-femme et grand-mère, et des retentissements
qu’ils opèrent dans la relation très particulière
qu’entretiennent parturientes et sages-femmes que
mon expérience dans le champ de la périnatalité a
pris forme et nourri ma clinique. Les travaux récents
d’Albert CICCONE mettent en évidence l’importance de
ce champ clinique dans la pensée psychanalytique