L’entretien postnatal précoce et la prise en charge par les sages-femmes : étude qualitative sur les freins et les leviers rencontrés

Auteurs

  • SARAH SUTTER

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https://doi.org/10.54695/do.52.552.0035

Mots-clés:

sages-femmes libérales, entretien postnatal précoce, dépression, étude qualitative, accompagnement postnatal.

Résumé

Introduction : La période du postpartum est une période critique sur le plan psychologique, affectif et social qui nécessite une prise en charge adaptée afin de repérer précocement les signes de difficultés psychologiques. La dépression du postpartum touche entre 15 à 30% des femmes et le suicide est la première cause de mortalité maternelle (évitable dans la majorité des cas) pendant le postpartum. La dépression a des effets sur la mère, mais également sur le nouveau-né, l’enfant et l’adulte en devenir. Le suivi de grossesse comporte de nombreuses consultations à contrario du postpartum. L’entretien postnatal précoce recommandé depuis 2014 par la Haute Autorité de Santé a été rendu obligatoire en juillet 2022 afin de repérer les difficultés liées à la parentalité et les premiers signes de dépression du postpartum. Comment les sages-femmes libérales intègrent l’entretien postnatal précoce dans la prise en charge de leurs patientes ?
Objectif : L’objectif principal est d’identifier les freins et leviers à la mise en place de l’entretien postnatal précoce et d’explorer différentes manières d’aborder les thématiques préconisées afin d’améliorer la pratique clinique.
Matériel et méthode : Une étude observationnelle exploratoire sous la forme d’entretiens semi-directifs a été réalisée auprès de dix sages-femmes libérales. Les participantes ont été recrutées par le biais de mails après un échantillonnage aléatoire. Le recueil des données était concomitant à l’analyse de celles-ci jusqu’à saturation des données.
Résultats : La motivation majeure des sages-femmes interrogées à pratiquer l’entretien postnatal précoce est le dépistage des détresses maternelles. Elles relèvent avoir une place centrale grâce au lien privilégié avec la patiente qui a été construit lors de la grossesse. La pratique de l’entretien postnatal précoce est, quant à elle, hétérogène mais les thématiques abordées sont similaires. Les freins retrouvés sont le manque de formation, l’absence de réseau, l’intérêt des patientes et le manque d’information auprès de celles-ci, l’absence du 100% maternité et une faible rémunération. Des leviers ont été retrouvés comme la satisfaction des patientes, le nombre de difficultés dépistées ou encore l’usage d’internet permettant une communication efficace.
Discussion : Dans un champ de compétences sans cesse en augmentation, la sage-femme est désormais sage-femme référente, renforçant sa place principale dans l’entretien postnatal, mais ce rôle est chronophage et peut compliquer la réalisation de l’entretien. Pour valoriser cet entretien, un remboursement plus adéquat serait nécessaire, ainsi que des formations plus adaptées et une revalorisation de l’acte. De nombreux retours positifs de patientes encouragent la pratique d’un tel entretien.
Conclusion : Le déploiement de l’entretien postnatal précoce est un enjeu en matière de santé publique. Une meilleure reconnaissance de cet acte tant du côté des patientes que des professionnels de santé permettrait un meilleur déploiement de
celui-ci. Cette reconnaissance s’accompagne d’une campagne d’information auprès des patientes afin de susciter l’intérêt de celles-ci et de palier à un absentéisme fréquent.

Publiée

2025-10-03

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