Le rythme cardiaque fœtal de base après 40 SA en début de travail est prédictif de la morbidité néonatale
##plugins.pubIds.doi.readerDisplayName##:
https://doi.org/10.54695/do.52.552.0003Résumé
Introduction : Le rythme cardiaque fœtal (RCF) est un indicateur clé de la vitalité fœtale, analysée dès le début du travail obstétrical. Les classifications actuelles ne tiennent pas compte de l’âge gestationnel, alors que certaines études suggèrent que le rythme de base (RDB) diminue physiologiquement avec l’avancement de la grossesse. L’objectif de cette étude est d’évaluer si un RDB supérieur à 140 bpm après 40 semaines d’aménorrhée (SA) est associé à une morbidité néonatale accrue.
Méthodologie : Il s’agit d’une étude de cohorte rétrospective monocentrique. Les dossiers de 936 patientes admises en travail spontané entre 40 SA et 40 SA+6 jours ont été analysés (à partir des 20 premières minutes de monitoring à leur arrivée en salle de naissance). Deux groupes ont été constitués :
• Groupe 1 : RDB ≤ 140 bpm (n=826)
• Groupe 2 : RDB > 140 bpm (n=110)
La morbidité néonatale a été évaluée à l’aide d’un score composite incluant : un pH artériel < 7,10, un score d’APGAR < 7 à 5 minutes, la nécessité de gestes de réanimation et un transfert en réanimation néonatale. Les issues maternelles ont également été étudiées (voie d’accouchement et hémorragie du post-partum).
Résultats : La morbidité néonatale était significativement plus élevée dans le groupe avec un RDB > 140 bpm (30,9% contre 14,8% ; p < 0,0001). L’analyse multivariée a confirmé cette association avec un odds ratio ajusté de 2,51 [1,58 ;4,01] (p=0,0001).
De plus, le taux de césarienne était plus élevé dans le groupe avec un RDB > 140 bpm (9,1% vs 4,2% ; p=0,025). Une proportion plus importante de liquides amniotiques méconiaux a été retrouvée dans ce groupe (40% contre 18,4% ; p < 0,0001).
Discussion : Ces résultats suggèrent qu’un RDB > 140 bpm après 40 SA est un facteur prédictif de complications néonatales et maternelles. Ces observations confirment les études précédentes montrant que la fréquence cardiaque fœtale normale diminue avec l’âge gestationnel. Elles soulignent la nécessité d’adapter les seuils de normalité du RCF en fonction de l’âge gestationnel afin d’améliorer la prise en charge des patientes.
Conclusion : Un RDB > 140 bpm chez les fœtus à terme est associé à un risque accru de morbidité néonatale. Ces résultats plaident pour une surveillance accrue de ces fœtus et l’utilisation éventuelle de moyens complémentaires de monitoring en cours de travail.