SOCIAL MODELS AND CONTEXT OF SIGNIFICANT DELIVERY PAIN

Authors

  • MarilèNe vUille

Abstract

au XXe siècle, l’obstétrique présente encore des contrastes fascinants à l’égard des douleurs. Dans les premières décennies, les attitudes médicales se divisent entre l’acceptation d’une fatalité immémoriale et une quête effrénée de moyens de soulager la douleur (par une vaste gamme de substances administrées par inhalation, par voie orale, rectale, par injections intraveineuses, intramusculaires, rachidiennes...). La prudence conservatrice côtoie les tentatives les plus audacieuses de maîtriser la marche de l’accouchement tout en jugulant la douleur. Au milieu du siècle, quelques obstétriciens et psychiatres croient pouvoir clore définitivement le débat. Leur proposition est déconcertante de simplicité : non seulement la douleur est nuisible au moment de l’accouchement (les parturientes qui souffrent ont un comportement désordonné, leur respiration entravée nuit à une bonne oxygénation de l’enfant à naître), mais surtout elle n’a aucune raison d’être. En effet, l’accouchement peut se dérouler sans la moindre souffrance, et cela d’autant plus facilement qu’il est de nature indolore ! C’est parce qu’elles ont peur et qu’elles ne savent pas accoucher que les femmes souffrent au cours d’un phénomène physiologique qui, en tant que tel, ne devrait provoquer aucune douleur. Il convient donc de leur apprendre à accoucher – comme on apprend à nager, à lire ou à écrire, selon l’expression récurrente des promoteurs de la méthode psychoprophylactique d’Accouchement Sans Douleur 1. Cette nouvelle méthode connaît un grand succès, même si l’idée que l’accouchement soit naturellement indolore est loin d’être acceptée à l’unanimité. L’approche psychopro-phylactique apporte une vision positive de la naissance, celui d’un événement auquel il est possible et opportun de se préparer, que les parturientes entraînées à des tech-niques corporelles simples peuvent vivre consciemment et joyeusement, dans une collaboration active avec le personnel médical et avec leur conjoint. Elle impose un modèle dans lequel les parturientes doivent surmonter la douleur en mobilisant les ressources développées grâce aux cours de préparation à la naissance. On dit alors de celles qui y parviennent qu’elles ont “réussi” leur accouchement. À l’inverse, celles qui n’accueillent pas les contractions avec le comportement attendu, qui sont envahies par la douleur et la manifestent, ou qui réclament des produits antalgiques, sont en échec. Ce modèle commence à être rejeté ouvertement dans les années 1970 pour laisser place à une attitude de refus de l’épreuve de la douleur. L’analgésie péridurale s’impose comme la nouvelle solution idéale. Au fil des ans, l’amélioration de la technique et des dosages aide à dissiper bien des réticences envers cette forme de “prise en charge” des parturientes, même si certaines critiques et résistances perdurent.

Published

2016-03-09

How to Cite

MarilèNe vUille. (2016). SOCIAL MODELS AND CONTEXT OF SIGNIFICANT DELIVERY PAIN. Les Dossiers De l’obstétrique, 456(01). Retrieved from https://journaleska.com/index.php/do/article/view/3664

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