L’Art du Toucher Vaginal
Abstract
C
omment se construit cette pratique que
la sage-femme incorpore ou même plutôt
corpore?
Lors des premiers touchers vaginaux, en
tant qu’étudiant-e-s, les sages-femmes
demandent ce que nous ressentons. C’est chaud, humide,
mou, répond l’étudiant-e avec un certain inconfort,
n’osant pas aller plus loin. Il-elle comprenait qu’il devait
y avoir quelque chose à sentir. Cela devait passer par une
sensation. Il y avait une injonction au profit du sensoriel
qui pourrait être même du sensationnel.
Les sages-femmes apprennent à connaître l’aspect normal du col: tonique comme un nez, alliant le geste à la
parole en allant se toucher le bout du nez avec l’index et
le majeur, et ces mêmes doigts s’écartant pour en faire
le contour, apprécier la texture et affirmer sa fermeté
et sa fermeture. Il fallait apprendre à sentir un nez au
fond du vagin. On envisage donc une saillance au fond
du vagin comme le nez au milieu de la figure. Puis, circonscrire cette saillance avec l’index et le majeur de la
main avec laquelle on écrit, la main dominante, gantée
ou doigtée. Ressentir la fermeté en premier puis la
distinguer ensuite d’une certaine mollesse, comparée
alors à celle de la bouche, plus délicate et susceptible
de s’ouvrir, de laisser passer un doigt et accueillir un
plus grand écartement.

