Épidémiologie de la maladie veineuse thromboembolique au cours du SIDA en Afrique Sub Saharienne
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https://doi.org/10.54695/mva.61.02.2239Mots-clés:
maladie thromboembolique, infection à VIH, Afrique Noire.Résumé
Cette étude avait pour but de décrire les profils épidémiologique, clinique et évolutif de la maladie veineuse
thromboembolique (MVTE) chez des sujets africains et de
préciser la place de l’infection à VIH. Il s’agit d’une étude
rétrospective qui a concerné les patients hospitalisés au service de Cardiologie du CHUYO entre le 1er janvier 2003 et le
31 décembre 2006. Ont été inclus les patients des deux
sexes qui ont présenté une thrombophlébite et/ou une
embolie pulmonaire documentées par l’échographie Doppler
et le dosage des D-dimères. L’étude a inclus 60 patients
dont 43 femmes et 17 hommes (sex-ratio à 2,5), soit 2,7%
des hospitalisés. L’âge moyen était de 40,17 ± 12,45 ans. Les
aspects cliniques observés étaient 60 cas de thromboses
veineuses profondes (TVP) compliquées d’embolie pulmonaire dans cinq cas. La topographie des TVP était surale (six
cas), poplitée (huit cas), fémorale (30 cas) et iliaque (12 cas).
Parmi les 60 patients porteurs de TVP, 30 ont été testés pour
le VIH et 12 en étaient séropositifs (séroprévalence de
40%) ; leur histoire était la suivante : cinq cas méconnus et
sept cas connus dont cinq sous trithérapie ARV comportant
tous l’indinavir et dont les taux sanguins de CD4 étaient
supérieurs à 200/mm3 au moment de la survenue de la TVP.
Le taux moyen de CD4 des cinq autres était de 221,5/mm3.
Les patients séropositifs étaient classés de la manière suivante (CDC 1993) : deux cas en C3, trois cas en C2 et sept
cas en B2. Les facteurs favorisants classiques ont été :
immobilisation prolongée (22 cas), antécédents de MVTE
(15 cas), prise de contraceptifs oraux (12 cas), insuffisance
cardiaque (10 cas), hémoglobine anormale (huit cas), dysmétabolisme (sept cas). L’évolution à six mois a été marquée
par 45 cas de guérison, six cas de décès, six cas de maladie
post-phlébitique et trois cas de récidive de TVP. Les auteurs
insistent sur la fréquence croissante de la MVTE dans la
pathologie cardiovasculaire en Afrique, la place grandissante de l’infection à VIH et la gestion des interactions
médicamenteuses générées par la prise en charge de ces
deux affections.