Notre expérience dans le traitement des pathologies complexes de l’aorte par les stents multicouches

Auteurs

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https://doi.org/10.54695/mva.66.02.2225

Résumé

Objectifs : Le but de notre étude est d’évaluer la place
des stents multicouches dans l’arsenal thérapeutique des
pathologies complexes de l’aorte chez des patients fragiles cumulant plusieurs facteurs de risques et qui sont
initialement récusés pour le traitement chirurgical classique.
Matériels et méthodes : À partir de mars 2012, nous
avons réalisé une étude prospective, mono centrique sur
une série de 41 procédures pour 41 localisations réalisées
sur 38 patients traités par des stents multicouches (SMC).
La série est divisée en 4 groupes. Le premier regroupe
21 cas dont 20 anévrismes thoraco-abdominaux (AATA)
classés Crawford type I : 2 cas, type II : 4cas, type III : 4
cas, type IV : 10 cas et 1 anévrisme de toute l’aorte thoracique descendante. Le diamètre moyen de ces anévrismes
était de 71 mm (54 – 98mm).
Le second groupe comprend 7 cas d’anévrismes juxta et
sous rénaux dont le diamètre moyen est de 73 mm [62-
97mm]. Le troisième groupe comprend 5 cas de faux anévrismes. Le quatrième groupe comprend 8 cas de dissections aortiques localisées ou étendues. 3 patients ont été
traités dans le même temps opératoire pour une double
localisation anévrismale (thoracique et abdominale dans
2 cas et crosse plus aorte descendante dans le trois cas).
La série comporte 25 hommes et 13 femmes avec une
moyenne d’âge de 63 ans (40 - 84 ans). Les procédures ont
été réalisées sous anesthésie locale dans 3 cas (7,89 %),
locorégionale dans 19 cas (50 %) et générale dans 16 cas
(42,11 %). Le séjour hospitalier moyen était de 7 jours (4 -
14 jours)
Résultats : Le succès technique initial est de 100 %. Il
n’y a pas eu de paraplégie, ni d’accident vasculaire cérébral (AVC) ni d’ischémie mésentérique. Trois complications
liées à la voie d’abord ont été traitées chirurgicalement
avec succès. Deux patients ont eu une insuffisance rénale
post opératoire, l’un a été dialysé (2,63 %).
La mortalité à 30 jours en rapport avec l’anévrisme
était de 2,63 % (1 cas de rupture au premier jour postopératoire) et sans rapport avec l’anévrisme 2,63 % (un
cas d’infarctus du myocarde massif le lendemain de l’intervention). Sur un suivi moyen de 12 mois (1 à 20 mois)
la mortalité sans rapport avec l’anévrisme était de 25 %
(9 décès) et en rapport avec l’anévrisme de 0 %. Sur les
38 localisations lésionnelles traitées et suivies, le sac anévrismal était non alimenté dans 14 cas (63,15 %) dont
6/20 cas (30 %) dans le groupe 1, 3/6 cas (50 %) dans le
groupe 2, 3/4 cas (75 %) dans le groupe 3 et enfin 2/6 cas
(33,33 %) dans le premier sous groupe du groupe 4. Le sac
est faiblement alimenté dans 19 cas (50 %) dont 14/20
cas (70 %) dans le groupe 1, 2/6 cas (33,33 %) dans le
groupe 2, 1/4cas (25 %) dans le groupe 3 et 2/6 cas
(33,33 %) dans le premier sous groupe du groupe 4. Les
2 cas de dissections étendues traitées sont restés stables
sans évolution anévrismale. 3 cas (7,89 %) récents sontencore à l’étude dont 1/6 cas (16/66 %) du groupe 2 et 2/6
(33,33 %) du premier sous groupe du groupe 4. Les artères
viscérales sont restées perméables dans 100 % des cas.
Conclusion : Les SMC peuvent être une solution thérapeutique pour les dissections et les anévrismes complexes
de l’aorte chez des patients fragiles à haut risque chirurgical. Les résultats seraient intéressants dans les faux anévrismes et les anévrismes vrais sans collatérales importantes. 

Publiée

2014-06-14

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