Intérêt de l’aspirine et prévention cardiovasculaire chez le sujet âgé
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https://doi.org/10.54695/mva.68.03.2141Mots-clés:
Aspirine, sujet âgé, agrégation plaquettaire, préventionRésumé
Les patients âgés (≥ 75 ans) représentent un sousgroupe de plus en plus important des patients présentant une pathologie cardiovasculaire. Le choix du traitement notamment antithrombotique des patients âgés est
complexe car ces derniers sont à haut risque ischémique
(hyperréactivité plaquettaire, sévérité des lésions athéromateuses...) mais aussi à haut risque hémorragique (interaction médicamenteuse, insuffisance rénale chronique,
ulcère gastroduodénal et risque augmenté de saignement
cérébral…). L’aspirine a démontré son efficacité dans la
prévention secondaire cardiovasculaire avec une réduction
de 20% des événements athérothrombotiques. Son utilisation est largement admise dans les recommandations
internationales en prévention secondaire et sa prescription chez les patients âgés doit être aussi large que chez
les plus jeunes. En prévention primaire, l’incidence des
événements cardiovasculaires est plus faible et le rapport
bénéfice-risque est beaucoup plus étroit. La réduction des
événements cardiovasculaires avec l’aspirine est d’environ
12%. Les essais randomisés les plus récents en prévention
primaire y compris chez les patients de 60 à 85 ans n’ont
pas montré de bénéfice significatif. Les recommandations
ne préconisent donc pas l’utilisation systématique de l’aspirine en prévention primaire mais plutôt son utilisation au
cas par cas. Compte tenu du risque hémorragique chez les
patients âgés, l’utilisation de l’aspirine doit être particulièrement prudente et l’association des antithrombotiques
mûrement réfléchie. D’autres études sont nécessaires pour
mieux appréhender la balance bénéfice risque en prévention primaire de l’aspirine chez les patients âgés.