Facteurs permettant d’identifier les patients à risque de progression d’une maladie veineuse chronique : avons-nous progressé ?

Auteurs

##plugins.pubIds.doi.readerDisplayName##:

https://doi.org/10.54695/mva.64.03.2086

Résumé

Cet article est une revue de la littérature concernant les
facteurs de risque susceptibles d’identifier parmi les
patients C2, C3, C4 (en accord avec la classification clinique, étiologique, anatomique, physiopathologique (CEAP)),
ceux qui sont à risque de progresser vers C6.
Il existe peu de preuves solides concernant les facteurs
de risque de progression de la maladie veineuse chronique
(MVC). Aucune méthode hémodynamique connue ne permet d’identifier les patients avec une MVC primitive, classés
C2 à C4, qui développeront des ulcères des membres inférieurs. Les paramètres intéressants apportés par l’examen
Duplex concernent l’extension anatomique, la distribution
des reflux et obstructions et la quantification du reflux
mesuré dans plusieurs intervalles de temps dans des études
prospectives à long terme avec un grand nombre de
patients. L’interrogatoire et l’examen clinique pourraient
focaliser sur l’apparition de nouveaux signes pendant une
période donnée, mais ne peuvent pas formellement identifier les patients chez lesquels les modifications du reflux
veineux se développent dans le temps. Pour détecter une
progression clinique, ces patients devraient être suivis par
les scores de sévérité clinique, qui sont plus sensibles que la
classification C. L’incontinence veineuse primitive devraitêtre différenciée de l’incontinence secondaire car elles diffèrent sur le plan physiopathologique, la prise en charge et
le pronostic. Des facteurs de risque et des signes cliniques
justifiant une intervention précoce chez des patients variqueux ont été détectés mais il est probablement très difficile de mener à bien des études prospectives longitudinales,
pluriculturelles si possible, afin d’évaluer l’influence de ces
facteurs cliniques sur la progression de la maladie veineuse.
Des méthodes alternatives doivent être recherchées. Il
existe des polymorphismes génétiques et des marqueurs
biologiques permettant d’identifier les patients à haut risque de progression vers l’ulcère. De plus, les modifications
génétiques peuvent varier parmi les différents groupes ethniques. Des études complémentaires sont nécessaires pour
vérifier si le sexe, l’âge, l’origine ethnique et l’environnement influencent la progression de la maladie.
À ce jour, il n’existe pas de marqueurs de l’inflammation
spécifiques dans le cadre de la MVC ou de méthodes fiables
pour l’appréciation de la fonction endothéliale. Les données
concernant la détérioration de la mobilité de la cheville, le
fonctionnement de la pompe musculaire du mollet et l’activité du patient doivent être corrélées avec la progression
de la maladie ou avec une amélioration sous l’effet d’un
traitement de façon à les utiliser pour l’appréciation de la
progression de la maladie. Si des facteurs de progression de
la maladie chez des patients avec une MVC primitive pouvaient être identifiés, une modification des ces facteurs, si
réalisable, pourrait prévenir le développement d’ulcères veineux.

Publiée

2013-01-16

Numéro

Rubrique

Articles