LYMPHŒDÈME DE LA FEMME JEUNE : QUE DIRE, QUE FAIRE ?
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https://doi.org/10.54695/mva.67.03.2071Résumé
Les lymphœdèmes primaires des membres inférieurs touchent essentiellement les femmes avant l’âge de 20 ans.
Le diagnostic de lymphœdème est clinique et repose sur l’augmentation de volume du ou des membres inférieurs
associée à l’existence d’un signe de Stemmer (impossibilité de plisser la peau du deuxième orteil ou sa base). Il est
important de rechercher des signes permettant d’intégrer le lymphœdème dans le cadre d’un syndrome plus complexe, génétique ou non (ex : syndrome de Turner) ou familial. Les explorations ne sont pas obligatoires et l’échoDoppler veineux et l’échographie/scanner abdomino-pelvien à la recherche d’un syndrome compressif sont exceptionnellement anormaux. Il est aussi indispensable d’éliminer un lipœdème dont l’âge de début est comparable à
celui du lymphœdème et dont la prise en charge est différente. La lymphoscintigraphie est utile pour confirmer le
diagnostic et comparer la fonction lymphatique des deux membres, en particulier dans les lymphœdèmes unilatéraux. Il existe deux atteintes topographiques distinctes. Un lymphœdème unilatéral touche alors le membre en
totalité ou bilatéral avec une atteinte exclusivement sous-gonale. L’explication de cette maladie chronique est
essentielle, idéalement dans le cadre d’un programme d’Éducation Thérapeutique (ETP). La stratégie thérapeutique
doit être définie en tenant compte des objectifs de la patiente. La prise en charge repose dans tous les cas sur la
compression élastique de classe 3 (20-36 mmHg) avec le recours fréquent à la superposition, parfois associée à
des bandages peu élastiques qui seront appris à la patiente pour les pratiquer sous forme d’auto-bandages réguliers. Une hospitalisation peut être nécessaire pour réduire le volume de façon importante et permettre aussi, dans
le cadre de l’ETP, l’acquisition de connaissances et de compétences sur la prise en charge du lymphœdème et de
ses complications (ex : érysipèle). D’autres conseils sont aussi donnés à la patiente: stabilité du poids, pratiques
d’activités physiques, soins de peau. Les objectifs de la prise en charge sont d’obtenir une motivation importante
pour ces traitements contraignants sur le long terme afin d’éviter une aggravation volumétrique et de diminuer le
risque de complications