Embellir les corps Ouïghours : Mode, « Modernité », et discipline d'État dans le Bassin du Tarim

Auteurs

  • Timothy GROSE

Mots-clés:

Ouïghour, Xinjiang, identité ethno-nationale, voile islamique, bio-pouvoir

Résumé

Reléguée en petits caractères de la campagne des « Trois Nouveautés » (san xin huodong) du Parti communiste chinois (PCC), qui a débuté en 2017, se trouve l’interdiction de porter des « vêtements étranges » (chuandai qiguai). Bien que vague, cet énoncé signale un nouvel engagement dans la standardisation des pratiques vestimentaires ouïghoures. En 2011, avait déjà été mise en place une initiative multimédia de 8 millions de dollars américains sur 5 ans pour promouvoir une mode féminine « moderne » et encourager les femmes éduquées à retirer le voile islamique : le « Projet Beauté » (liangli gongcheng). Toutefois, la campagne plus récente visant à modifier l’apparence des Ouïghoures inclut aussi bien l’élimination du vêtement pieux que la dé-ethnicisation des standards locaux de beauté. A partir de rapports gouvernementaux et sur la base du concept foucaldien de « bio-pouvoir », cet article présente et examine les stratégies – création de concours de beauté, ouverture de salons et formation d’esthéticiennes – imposées par le PCC pour redéfinir la beauté féminine et transformer ces femmes en sujets chinois dociles.

Publiée

2022-03-02

Numéro

Rubrique

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