Du carrefour à l’impasse : la région du Xinjiang et la « question ouïghoure
Résumé
Le premier drapeau de la République de Chine
(1912–1928) arborait 5 couleurs et autant de
bandes horizontales. Chaque groupe ethnique
du pays-continent se voyait représenter par
une couleur: le rouge pour les Hans, le jaune
pour les Mandchous, le bleu pour les Mongols,
le blanc pour les Huis, et enfin le noir pour les
Tibétains. Si la Chine inclut le Tibet dans son
histoire officielle, le Xinjiang – quant à lui –
reste à la marge. Rattachée historiquement au
monde turco-iranien, le Xinjiang (qui signifie «
nouvelle frontière » en mandarin) représente
1/6e du territoire chinois (1,7 Million de km²),
et il constitue la partie orientale de l’Asie
centrale. Le Xinjiang, ex-Turkestan oriental,
bénéficie au regard de l’importance de ses
minorités nationales (Ouïghours, Han, Hui (Han
musulmans), Tadjiks, Kirghizes, Mongols et
Kazakhs) du statut de région autonome depuis
1955. Caractérisée par une démographie très
faible (22 millions d’habitants, densité de 13
hab./km2), la région représente une marge
enclavée et fermée en Chine occidentale. Le
Xinjiang partage plus de 2 000 kilomètres de
frontières avec la Mongolie, la Russie, le
Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan,
l’Afghanistan, l’Inde et le Pakistan.