Interpéter l’histoire de la Chine moderne au prisme de l’hypothèse de l’hyperstabilité*

Auteurs

Résumé

Après le 4 juin 1989, la volonté de réécrire
l’histoire chinoise moderne devient importante
dans les milieux intellectuels. « Anti-impérialisme » et « anti-féodalisme » comme canevas
historiques, ne peuvent plus, en effet, satisfaire
les intellectuels chinois. Dans le même temps,
ils ne peuvent s’identifier complètement avec
les « réponses chinoises au défi occidental » des
chercheurs occidentaux, ou avec la compréhension qu’ont ces derniers de la « modernisation »
et de l’ « impérialisme ». Les intellectuels chinois
désirent plutôt trouver une réponse proprement
chinoise aux évolutions de leur société. Le livre
que j’ai écris avec Liu Qingfeng, La transformation de la société chinoise est un exemple de
cette nouvelle approche1
.
En utilisant l’hypothèse de l’hyperstabilité, ce
livre projette une lumière nouvelle sur les
étapes récentes de l’histoire de la Chine moderne. Sa particularité réside dans l’intégration
de l’histoire prémoderne à l’histoire la plus récente. Pour se faire, il met en évidence l’existence d’une structure organisationnelle propre
à la société chinoise2
. Cette structure profonde
a façonné la Chine, autant classique que moderne, et reste inchangée depuis 2000 ans. Cette
structure n’est autre que la tendance totalisante, englobante, intégrative (一體化 yitihua)
3
d’une idéologie morale et d’un système d’organisation sociale

Publiée

2015-09-01

Numéro

Rubrique

Articles