Religion et nationalisme dans le Japon contemporain : les nouveaux mouvements religieux au sein de la Conférence du Japon

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Résumé

Par le nombre de ses adhérents, à titre collectif ou individuel, par sa proximité avec des politiciens conservateurs de tout premier plan, la
Conférence du Japon (Nippon kaigi) constitue
le principal lobby nationaliste du Japon
contemporain1
.
Les mouvements religieux sont omniprésents
au sein de cette organisation née en 1997 à l’occasion d’une opération de fusion entre deux organisations nationalistes plus anciennes. La
Conférence du Japon a notamment pour colonne vertébrale l’Agence des sanctuaires
shintô (Jinja honchô) qui est l’héritière du
shintô d’État de l’époque du Japon impérial.
Cette idéologie politico-religieuse reposait sur
le culte de la nation à travers la personne de
l’empereur. Le sanctuaire Yasukuni en constituait la clef de voute puisque c’est en ce lieu que
s’opérait la fusion – rendue possible par le sang
des morts pour la patrie – entre l’incarnation de
l’État, à savoir l’empereur, et la multitude de ses
éléments constitutifs, c’est-à-dire les membres
de la communauté nationale. Aujourd’hui encore, ces deux éléments essentiels du shintô
d’État, l’empereur et le sanctuaire Yasukuni,
sont en pleine activité symbolique et émotionnelle comme nous le constaterons dans les développements qui vont suivre.

Publiée

2015-06-01

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