Les industries culturelles en Chine. Enjeux et perspectives
Résumé
L’intégration de la Chine à l’OMC, en 2001, a
profondément modifié la scène culturelle et son
économie. Dans le contexte d’une réflexion sur
l’élaboration d’un « Soft power » (ruan shili) –
comme pouvoir d’influence tel que le définit naguère Joseph S. Nye1 – aux caractéristiques chinoises, la culture est devenue un domaine
prioritaire pour les dirigeants de Pékin. Elle est
non seulement perçue comme un gisement possible en termes de création d’emplois mais bien
comme un « enjeu sécuritaire » (guojia wenhua
anquan). Globalisation oblige, les institutions
culturelles deviennent industries. C’est non seulement leur appellation qui est amenée à changer mais encore toute une réflexion qui porte
sur les risques que comportent l’ouverture de la
Chine au capitalisme mondial d’un point de vue
identitaire. Dès lors, « rejoindre le monde » (yu
guoji jiegui), selon la formule consacrée, ne
peut-il pas porter atteinte à la souveraineté de
la Chine dans le domaine culturel ? Ce dilemme
est au cœur même de la diplomatie qu’envisage
ce pays dans la concurrence qu’il se livre vis-àvis des États-Unis mais aussi de la Corée ou du
Japon dont l’image et le pouvoir de séduction
semble avoir un impact bien plus important
dans le monde, occidental tout au moins