TRÉPONÈMES PATHOGÈNES POUR L’HOMME
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https://doi.org/10.54695/apmc.16.02.1401Résumé
Les tréponèmes sont des bactéries caractérisées par leur
forme spiralée serrée, régulière et très fine. C’est en 1905 que
Ms. Fritz Schaudinn et Erich Hoffman découvrent à Berlin
l’agent de la syphilis.
C’est une infection sexuellement transmissible (IST) qui
est une des plus anciennes décrite, elle devient ubiquitaire au
19e
siècle et grâce à l’apparition de l’antibiothérapie régresse
au milieu du 20e
siècle. En Europe de l’ouest, la syphilis était
devenue une IST tout à fait marginale dans les années 1980 et
1990. Avec l’avènement des antirétroviraux pour le traitement
des infections par le VIH, on observe une recrudescence des cas
de syphilis dès les années 1999-2000, probablement en rapport
avec le relâchement de la prévention des pratiques sexuelles à
risques (Battu et al., 1997; Higgins et al., 2000; Panchaud et al.,
2000; Dupin and Couturier 2004; Grassly et al., 2005).
Sur le plan mondial, on estime en 1995 à plus de 12 millions le nombre de personnes infectées (Gerbase et al., 1998),
touchant majoritairement les zones à faible statut socio-économique où les conditions de prise en charge sont faibles (Adler
et al., 1996; Agacfidan et al., 1999; Renton et al., 1998). En
Europe de l’Est, l’incidence de la maladie a augmenté de 4,2 en
1989 à 280 cas pour 100 000 personnes en 1997, probablement
liée à la prostitution d’usagers de drogue par voie intraveineuses.
Aux Etats-Unis, il existe essentiellement 2 types de populations
touchées, les Afro-américains des Etats du sud, avec une prédominance féminine et d’usagers de drogues, et une population
d’hommes homosexuels dans certaines grandes villes réparties sur les côtes est et ouest (New York, Miami, Boston, San
Francisco, Seattle) (Finelli et al., 2001; Golden et al., 2003).
Dans les autres parties du monde, en particulier en Asie du Sudest et en Afrique, la syphilis reste une maladie endémique. L’une
des conséquences grave de cette endémie est la fréquence de
la syphilis congénitale, à l’origine de 25 à 30% de morbidité et
mortalité périnatales en Afrique (Hira et al., 1987)