GESTION DES BACTÉRIES MULTI-RÉSISTANTES
DOI:
https://doi.org/10.54695/apmc.17.03.1489Abstract
Au cours des 30 dernières années, l’épidémiologie des infections bactériennes a été profondément modifiée par l’émergence
de bactéries devenues résistantes à de nombreux antibiotiques. La
diffusion rapide et extensive de ce phénomène peut conduire dans
un délai relativement court à de véritables impasses thérapeutiques
avec apparition de bactéries résistantes à tous les antibiotiques
disponibles. Les causes de l’émergence et de la dissémination
de l’antibio-résistance sont de deux principaux ordres: d’une
part l’utilisation excessive et/ou inappropriée des antibiotiques
et d’autre part la non-application stricte des règles d’hygiène
hospitalière (Weinstein 2001). Au niveau national, l’existence
de recommandations concernant le bon usage des antibiotiques
n’a pas, jusqu’à présent, amélioré la prescription hospitalière ni
sur le plan qualitatif ni sur le plan quantitatif et les rares études
disponibles montrent un niveau de conformité des pratiques par
rapport à ces recommandations, le plus souvent situé entre 50
et 70 % (Bailly, Lallemand et al. 2001; Floret, Thouverez et al.
2001; Patry, Leroy et al. 2008). Les raisons profondes de ce nonrespect des recommandations sont connues:
1) les prescripteurs confrontés à une progression de la résistance
se tournent le plus souvent vers des molécules à large spectre,
à la fois pour la prophylaxie et pour la thérapeutique ;
2) la gravité de la pathologie présentée par de nombreux patients
pris en charge conduit les cliniciens à prescrire plus volontiers
des antibiotiques à large spectre lors du traitement empirique
des infections;
3) de plus en cas de doute sur la réalité de l’infection de nombreuses colonisations simples font l’objet de prescriptions
d’antibiotiques, mais surtout;
4) le manque d’informations sur la relation entre consommation
et résistance contribue à la non-perception de la pertinence des
prévisions alarmantes des épidémiologistes de la résistance
bactérienne.
Le respect des bonnes pratiques d’hygiène est le second moyen
de contrôle de la multi-résistance. En effet, pour certains couples
bactérie/antibiotique, la dissémination de la résistance repose
essentiellement sur la dissémination clonale intra et inter-hospitalière, mais aussi communautaire. A l’hôpital, l’isolement septique
strict non seulement des patients infectés mais aussi des patients
simplement colonisés, représente la principale mesure nécessaire au contrôle de certaines bactéries multi-résistantes (BMR).
Cependant, l’organisation des soins, la charge en soins incombant

