ACINETOBACTER
DOI:
https://doi.org/10.54695/apmc.12.04.1408Abstract
L’histoire des diplobacilles immobiles à
coloration de Gram et à réaction d’oxydase négatives a été confuse durant de très nombreuses
années. Ces bactéries ont été classées dans différents genres incluant « Bacterium », Neisseria,
Alcaligenes, « Mima », « Herellea »,
« Achromobacter », et Moraxella. Dans les
années 1970, des études génétiques (hybridation
d’acides nucléiques et transformation génétique)
(Juni, 1972) et phénotypiques (Baumann et
al., 1968) ont abouti au regroupement de ces bactéries dans le genre Acinetobacter (genre créé
en 1954 par Brisou et Prévot pour regrouper les
« Achromobacter » immobiles). Ce genre était
classé dans la famille des Neisseriaceae
depuis 1971. Dans l’édition de 1984 du
« Bergey’s Manual of Systematic Bacteriology »,
cette famille regroupait les genres Neisseria,
Moraxella, Acinetobacter, Kingella et une espèce
d’affiliation incertaine Moraxella urethralis. Des
études phylogénétiques réalisées notamment par
analyse des ARN ribosomaux (ARNr) (hybridations ADN-ARNr) (Rossau et al., 1989) ont mis
en évidence l’hétérogénéité génétique de la
famille des Neisseriaceae et ont abouti à son
éclatement avec exclusion des genres
Acinetobacter, Moraxella, Psychrobacter et
Branhamella. En 1991 la famille des
Moraxellaceae (superfamille II par hybridation
ADN-ARNr, sous-classe gamma des
Proteobacteria d’après les études sur
l’ARNr 16S) a été proposée par le groupe de J.
De Ley (Rossau et al., 1991). Cette famille est
composée de 2 groupes principaux : le groupe
Acinetobacter et le groupe MoraxellaPsychrobacter (renfermant 4 sous-groupes). Le
séquencage des ARNr 16S a abouti à une classification identique (Pettersson et al., 1998). Les
Acinetobacter constituent une branche séparée de
la superfamille II.
Avant 1986, la taxonomie des Acinetobacter
était très simple. Deux espèces étaient citées dans
l’« Approved lists of bacterial names » : A. calcoaceticus regroupant les souches oxydant le glucose et A. lwoffii pour les souches n’oxydant pas
le glucose. Dans le « Bergey’s Manual of
Systematic Bacteriology » en 1984, une seule
espèce, A. calcoaceticus, était mentionnée. Bien
que l’hétérogénéité génétique et phénotypique ait
été connue depuis la fin des années 60, c’est ce
concept d’espèce unique qui a principalement été
utilisé dans les publications. Les habitudes étaient
de subdiviser cette espèce unique en 2 biotypes
anitratus et lwoffi en se basant sur l’oxydation du
glucose ou plus rarement en 4 biotypes (anitratus, lwoffi, haemolyticus et alcaligenes) définis
par l’oxydation du glucose et l’hydrolyse de la
gélatine.

