SÉROLOGIE BACTÉRIENNE

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https://doi.org/10.54695/apmc.18.02.1513

Résumé

La sérologie dans le cadre du diagnostic des maladies bactériennes infectieuses pose des problèmes d’interprétation qui
ne peuvent être résolus que par une appréhension globale de
l’interprétation des tests biologiques dans un contexte clinicomicrobiologique précis. La sérologie a, avant tout, un usage
indiscuté et indispensable qui est celui du diagnostic (Raoult,
1988). Elle est particulièrement utile lorsque la culture de la
bactérie suspectée est lente ou difficile comme par exemple
pour les bactéries intracellulaires (Coxiella burnetii, Rickettsia
spp., Chlamydia spp.) ou encore Leptospira spp., Borrelia spp,
Brucella spp… Elle présente également un intérêt lorsque la
bactérie a été décapitée par un traitement antibiotique préalable
ou encore lorsque le diagnostic nécessite des prélèvements trop
invasifs. Il convient ici de rappeler que le paramètre évalué est
le plus souvent la réponse immunologique humorale spécifique
à un agent infectieux. Contrairement aux virus, de nombreuses
bactéries n’induisent pas de réponse humorale générale détectable
notamment en cas d’infection locale, la sérologie est alors peu
contributive. Celle-ci ne se développe qu’à partir de 8 à 10 jours
et persiste longtemps (de quelques semaines à quelques années).
Dans cette réponse humorale les IgM apparaissent et disparaissent
souvent plus précocément. Il faut toutefois noter que certaines
infections récentes peuvent ne pas s’accompagner de sécrétions
d’IgM et que celles-ci, par ailleurs, peuvent persister des années.
Ainsi l’utilité d’un titrage d’IgM sur un sérum unique comme
indicateur d’une infection récente doit être évaluée pour chaque
agent infectieux. Dans certaines pathologies infectieuses (Fièvre
Q, toxoplasmose...) un dosage des IgA peut avoir un intérêt. De
ceci découle que souvent une séquence de prélèvements, espacés
de quelques jours, permettra seule d’apprécier la cinétique des
anticorps et donc d’affirmer le caractère récent de l’infection.
Cette répétition des prélèvements va permettre d’objectiver une
séroconversion (premier sérum négatif, deuxième sérum positif)
ou une élévation significative (x 4) du titre des anticorps. Les
prélèvements uniques permettront rarement un diagnostic et ainsi
celui-ci surviendra dans la plupart des cas durant la convalescence.
Cependant, les sérologies réalisées dans un but de dépistage nécessitent en général un seul prélèvement. La sérologie peut également
être utilisée pour apprécier l’état d’immunité d’une population
et étudier la séroprévalence d’une maladie dans une région
(séroépidémiologie) ou encore pour apprécier l’efficacité d’une
vaccination par comparaison aux seuils protecteurs déterminés
préalablement pour chaque micro-organisme (diphtérie, tétanos,
polio). La sérologie peut également, comme c’est le cas pour les
infections persistantes à Coxiella burnetii (Million et al., 2010),
permettre de suivre l’efficacité du traitement par appréciation de
l’évolution du titre d’anticorps.
Techniques de sérologie
La sérologie se réalise de préférence sur sérum mais peut aussi
dans certains cas être réalisé sur plasma quand seul ce type de
prélèvement est disponible. Il convient de prélever 5 à 10 ml de
sang veineux dans un tube sec (sans anticoagulant) afin d’éviter
une interaction avec un anticoagulant. Le sérum est obtenu après
centrifugation. Un aliquot de chaque sérum testé doit être conservé
congelé à -20 °C dans une sérothèque pendant 1 an minimum (arrêté
du 26 novembre 1999 relatif & la bonne exécution des analyses
médicales). Plus rarement, les anticorps peuvent être détectés dans
d’autres liquides biologiques tels que le liquide céphalorachidien,
humeur aqueuse… Le résultat d’une sérologie peut être qualitatif
ou semi-quantitatif, grâce à la détermination du titre d’anticorps,
celui-ci étant défini comme l’inverse de la plus forte dilution de
sérum donnant encore une réaction positive.
Certaines techniques sérologiques, les plus connues et les
plus anciennes, telles les agglutinations bactériennes classiques
(Widal, Wright, Weil-Felix), ont du fait de leur grossièreté technique une valeur modeste liée à de nombreuses réactions croisées.
La plupart des techniques développées actuellement utilisent
une réaction immunologique de type « sandwich » révélant une
réaction entre un antigène et un anticorps antihumain marqué par
une molécule fluorescente (immunofluorescence), radioactive
(RIA) ou enzymatique (ELISA). Par ailleurs se développent des
techniques d’agglutination de matériel inerte (latex) qui ont une
valeur théorique moindre mais une plus grande maniabilité et une
rapidité incontestable (quelques minutes).

Publiée

2019-06-01

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