PASTEURELLA

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https://doi.org/10.54695/apmc.14.02.1479

Résumé

L’inclusion d’une espèce ou d’un groupe de
bactéries dans les genres Actinobacillus, Pasteurella et Haemophilus a pendant long- temps été admise sur des similarités phénotypiques et des points communs dans la
pathogénie des souches (animal hôte, caracté- ristiques cliniques). Par la suite ces traits com- muns n’ont plus été pris en considération, au
profit de méthodes de chimiotaxonomie et de
classification par taxonomie numérique (Talbot
& Sneath, 1960 ; Sneath & Johnson, 1973 ;
Mannheim et al., 1978). Devant l’augmentation du nombre de taxons décrits et les imprécisions portant sur la classification et la
nomenclature de ces trois genres, Pohl a pro- posé en 1981 de les regrouper, ainsi qu’un certain nombre de taxons apparentés, dans une
famille des Pasteurellaceae (Pohl, 1981).
Initialement composée de ces trois seuls
genres, cette famille s’est progressivement
élargie et regroupe actuellement dix-huit
genres : Actinobacillus, Aggregatibacter,
Avibacterium, Basfia, Bibersteinia, Bisgaardia, Chelonobacter, Gallibacterium, Haemophilus, Histophilus, Lonepinella, Mannheimia,
Necropsobacter, Nicoletella, Otariodibacter,
Pasteurella, Phocoenobacter et Volucribacter
(Euzéby & Parte, 2013). Il est à noter que dans
la dernière édition du Bergey’s Manual of
Systematic Bacteriology la famille des
Pasteurellaceae est élevée au rang d’ordre sous
le nom de Pasteurellales (Garrity, Bell &
Lilburn, 2005).
L’introduction des techniques moléculaires en
taxonomie bactérienne à partir des années 1970 et
les données d’homologie génomique obtenues
ont permis une nouvelle approche afin de mieux
définir la position des genres les uns par rapport
aux autres. Leur délimitation est en constante
évolution et un certain nombre d’espèces initialement décrites sur la base de caractères phénotypiques comme appartenant au genre Pasteurella
ont été successivement transférées dans les
genres Actinobacillus (Mutters, Pohl &
Mannheim, 1986), Mannheimia (Angen et al.,
1999), Gallibacterium (Christensen et al., 2003),
Avibacterium (Blackall et al., 2005) et
Bibersteinia (Blackall et al., 2007). Ce travail de
classification au sein de la famille se poursuit
avec un risque de confusion entre anciennes et
nouvelles nomenclatures. Ces bouleversements
taxonomiques entraînent une situation souvent
inconfortable pour le microbiologiste clinique,
mais cet effort de classification est indispensable
pour fournir la base la plus sûre à tous les travaux
portant sur la virulence, l’écologie, l’épidémiologie, les méthodes de diagnostic et de prévention
(Gautier et al., 2005).

Publiée

2015-06-01

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